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Newsletter IA#51 du 17 Mars 2025
SOMMAIRE
1-Zhipu AI lève des fonds malgré les sanctions américaines
2-Les start-up deeptech en plein essor malgré une baisse des levées de fonds
3-Dexterity lève 95M$ pour ses robots industriels autonomes
4-Naval Group accélère la conception de ses navires grâce à l’IA de Dessia
5-OpenAI lance NextGenAI, un consortium académique dédié à l’IA
6-TSMC investit 100 milliards de dollars aux États-Unis sous l’impulsion de Trump
7-Larry Page revient avec Dynatomics, une start-up IA pour l’industrie
8-La SNCF restructure sa gouvernance pour renforcer l’intégration de l’IA
9-Sony Music alerte sur l'explosion des deepfakes musicaux générés par l’IA
①
Zhipu AI lève des fonds malgré les sanctions américaines
Zhipu AI lève des fonds malgré les sanctions américaines
L’intelligence artificielle chinoise ne s'arrête pas, même face aux restrictions américaines.
Zhipu AI, souvent comparée à OpenAI, vient d’obtenir deux financements stratégiques en quelques jours. Le premier, d’un milliard de yuans (138,22 millions de dollars), provient d’investisseurs incluant le Hangzhou City Investment Group Industrial Fund. Le second, accordé le 13 mars, s’élève à 500 millions de yuans (69,04 millions de dollars) et provient du groupe public Huafa.
Des investissements soutenus par l’État chinois
Le groupe Huafa, un conglomérat d'État chinois basé à Zhuhai (Guangdong), a précisé que ces fonds aideraient Zhipu AI à renforcer ses modèles d’IA. De son côté, le Hangzhou City Investment Group Industrial Fund, basé à Hangzhou, se spécialise dans le financement d’entreprises technologiques innovantes. Ces investissements s'inscrivent dans la volonté de la Chine de soutenir ses champions de l’IA face à la concurrence internationale.
Une levée de fonds impressionnante
Fondée en 2019, Zhipu AI a déjà attiré des investisseurs de premier plan comme Alibaba Group, Tencent, Meituan et Xiaomi. D'après Qichacha, elle aurait levé plus de 15 cycles de financement, atteignant un total de 949 millions de dollars selon Crunchbase, qui en recense 9.
Une plateforme d’IA ambitieuse
L’entreprise développe une suite complète de services d’intelligence artificielle, incluant :
Des modèles avancés comme sa série General Language Model (GLM), optimisés pour le chinois et l’anglais.
Des moteurs cognitifs d'IA, utilisés pour automatiser des tâches répétitives.
Un moteur d’analyse d’informations scientifiques et technologiques.
Des chatbots et outils applicatifs destinés aux entreprises et aux utilisateurs finaux.
Malgré son blacklistage par les États-Unis, Zhipu AI continue d’attirer des capitaux et de se positionner comme un acteur clé de l’IA en Chine. Reste à voir si ses modèles pourront rivaliser avec GPT-4 et les avancées de l’IA occidentale

②
Les Start-up Deeptech en plein essor malgré une baisse des levées de fonds
Bpifrance confirme le rôle stratégique des deeptechs dans l'économie française.
Selon son rapport du 12 mars, la France compte 2589 start-up deeptech, générant 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 50 000 emplois. Depuis le lancement du Plan deeptech en 2018, leur nombre a plus que doublé, avec 385 nouvelles créations en 2023 (+7% vs 2022). L’IA et le quantique représentent 25% des deeptechs, tandis que la santé en regroupe 42%.
Un recul des levées de fonds de 31%
En 2023, les financements ont chuté à 2,8 milliards d’euros (-31%), principalement à cause d’une baisse des méga-levées (+100M€), tombées de 10 à 6. La France perd ainsi sa première place européenne au profit du Royaume-Uni. Toutefois, les levées de Mistral AI (468M€), Poolside (454M€) et H Company (203M€) restent des points forts.
Un record d’exits en 2024
L’année a vu 24 acquisitions de start-up deeptech, dont 58% par des entreprises françaises et 75% par des européennes. Le montant moyen d’un exit s’établit à 118M€, soit trois fois plus que sur 2015-2019. Parmi les plus marquants : Preligens (IA de défense) rachetée par Safran (220M€) et Amolyt Pharma par AstraZeneca (960M€).
Malgré des défis financiers, les deeptechs françaises confirment leur dynamisme et leur attractivité.

La citation IA du jour
"L'intelligence artificielle ne remplace pas l’humain, elle l’amplifie. Son véritable potentiel réside dans la collaboration entre l’homme et la machine."
③
Dexterity lève 95 M$ pour ses robots industriels autonomes
La robotique industrielle boostée par l'IA attire les investisseurs.
Après Nomagic (44M$), c’est au tour de Dexterity d’annoncer une levée de 95M$ le 11 mars, portant sa valorisation à 1,65 milliard de dollars. Spécialisée dans les robots autonomes de manutention, la start-up californienne conçoit des machines capables de charger, trier et déplacer des colis pour des clients comme FedEx, UPS et Sagawa Express.
Des robots alimentés par l’IA
Ses machines reposent sur plusieurs centaines d’agents IA, chacun dédié à une tâche précise, et coordonnés par le logiciel Arbiter, qui limite les erreurs. Dexterity développe aussi Mech, un robot mobile à deux bras pouvant supporter 60 kg et fonctionner dans des conditions extrêmes.
Un marché concurrentiel
Avec plus de 300M$ levés depuis sa création en 2017, Dexterity investit massivement en R&D et recrutement. Elle doit cependant faire face à la concurrence de Figure AI, qui a récemment présenté Helix, un robot capable de comprendre des commandes vocales et de manipuler des objets sans entraînement préalable.

L’outil IA du jour
Suno AI- Permet de créer des musiques entièrement générées par l'IA, avec des fonctionnalités avancées telles que la composition de mélodies, la génération de paroles et la personnalisation des styles musicaux. Cet outil est particulièrement utile pour les artistes indépendants, les producteurs de médias et les éducateurs, ouvrant de nouvelles opportunités pour explorer et produire des créations musicales originales et engageantes.
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Un objectif : optimiser l’utilisation des outils IA pour améliorer votre quotidien au travail comme à la maison !
④
Naval Group accélère la conception de ses navires grâce à l’IA de Dessia
Naval Group accélère la conception de ses navires grâce à l’IA de Dessia
L'IA générative révolutionne l’ingénierie navale.
Naval Group collabore avec la start-up française Dessia pour optimiser la conception de ses navires. En combinant IA générative et design automatisé, Dessia accélère les cycles de développement, réduit les coûts et améliore la prise de décision en générant de multiples designs.
Automatisation et intégration sur mesure
Dessia s’adapte aux besoins spécifiques de Naval Group, intégrant des systèmes complexes comme la propulsion, la ventilation et les réseaux électriques. Sa plateforme connectée au PLM automatise la conception en respectant les contraintes métier. Déjà utilisé par Renault, cet outil a réduit certains process de 30 jours à 1 seul.
Une approche hybride entre IA symbolique et statistique
L’entreprise combine IA symbolique (règles d’ingénierie) et IA statistique (analyse de données) pour générer un large panel de solutions optimisées. Grâce à des algorithmes de théorie des graphes et d’arbres de décision, elle facilite la sélection des meilleurs designs, garantissant productivité et performance.

Les chiffres IA du jour
L’IA dans le ferroviaire : La SNCF exploite l’IA et le numérique pour optimiser son réseau, où circulent 14 000 trains par jour, transportant 5 millions de voyageurs.
Investissements en IA : OpenAI a alloué 50 millions de dollars à son programme NextGenAI, réunissant 15 institutions comme Harvard, MIT et Oxford pour intégrer l’IA dans la recherche et l’éducation.
⑤
Open AI lance NextGenAI, un consortium académique dédié à l’IA
OpenAI lance NextGenAI, un consortium académique dédié à l’IA
OpenAI s’associe à 15 institutions pour révolutionner la recherche et l’éducation.
Le programme NextGenAI, réunissant des universités comme Harvard, MIT, Oxford et Sciences Po, vise à accélérer les découvertes scientifiques grâce à l’IA. OpenAI alloue 50M$ pour financer des projets dans la santé, l’éducation et la numérisation du savoir.
Des applications concrètes dans l’enseignement et la recherche
Harvard et Boston Children’s Hospital exploitent l’IA pour améliorer les diagnostics médicaux, tandis que Oxford numérise des textes rares. Sciences Po analysera l’impact de l’IA sur les débats publics en ligne. De son côté, MIT utilise les API d’OpenAI pour entraîner ses propres modèles.
Un engagement croissant d’OpenAI dans l’éducation
Après ChatGPT Edu et ChatGPT Search, OpenAI déploie une version dédiée aux 500 000 étudiants de la California State University, offrant tutorat personnalisé et aide administrative. Un pas de plus vers l’intégration massive de l’IA dans le monde académique.

⑥
TSMC investit 100 milliards de dollars aux États-Unis sous l’impulsion de Trump
Le géant taïwanais des semi-conducteurs renforce sa présence en Arizona
Lors d’une rencontre avec Donald Trump le 3 mars 2025, C.C. Wei, PDG de TSMC, a annoncé un investissement de 100 milliards de dollars sur quatre ans pour construire usines et centres R&D aux États-Unis. L’objectif : produire des puces avancées pour l’IA et créer des milliers d’emplois.
Une stratégie américaine pour attirer les industriels
Donald Trump pousse les entreprises étrangères à investir aux États-Unis pour éviter les droits de douane. TSMC, déjà implanté en Arizona, y ajoutera deux sites de production, deux de conditionnement et un centre de recherche.
Taiwan veut garder son leadership technologique
Malgré cet investissement massif, Taiwan refuse une délocalisation excessive de TSMC afin de préserver son "bouclier Silicon" face aux tensions avec la Chine. La présidence taïwanaise a insisté sur le fait que les technologies les plus avancées resteront sur l’île, maintenant ainsi sa place clé dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs.

⑦
Larry Page revient avec Dynatomics, une start-up IA pour l’industrie
Le co-fondateur de Google se relance dans la tech avec un projet ambitieux.
Après plusieurs années de discrétion, Larry Page finance une nouvelle start-up, Dynatomics, visant à révolutionner la production industrielle grâce à l’IA. L’information, révélée par The Information, marque son grand retour sur la scène technologique. Le projet serait dirigé par Chris Anderson, ex-CTO de Kittyhawk, une start-up de véhicules volants financée par Page mais fermée en 2022.
L’IA au service de la production industrielle
Dynatomics ambitionne d’optimiser la conception des produits et l’automatisation des usines en misant sur une précision accrue, une réduction des coûts et une efficacité renforcée. L’IA devient un levier stratégique pour moderniser les chaînes de production et améliorer la rentabilité des entreprises industrielles.
Un marché concurrentiel mais un financement solide
Face à des acteurs comme Orbital Materials ou PhysicsX, Dynatomics devra se différencier. Son principal atout ? Larry Page lui-même, qui assure un financement direct, lui évitant les contraintes liées aux levées de fonds. Cet appui financier offre à Dynatomics une flexibilité et une force de frappe unique pour s’imposer sur un marché où l’IA est déjà omniprésente.

⑧
La SNCF restructure sa gouvernance pour renforcer l’intégration de l’IA
Le groupe ferroviaire renforce sa transformation numérique avec une nouvelle organisation.
Avec 14 000 trains circulant chaque jour et 5 millions de voyageurs transportés, la SNCF mise de plus en plus sur l’IA et le numérique pour moderniser son réseau. Début mars, le groupe a restructuré sa gouvernance pour renforcer l’intégration de l’intelligence artificielle dans toutes ses activités. Julien Nicolas devient directeur de la nouvelle "Direction Numérique & IA", tandis que Henri Pidault se voit confier la valorisation des actifs numériques du groupe.
Julien Nicolas, un expert du numérique à la tête de la transformation IA
Entré à la SNCF en 2005, Julien Nicolas a gravi les échelons du digital au sein de Voyages-sncf.com avant de devenir, en 2021, président de 574 Invest, le fonds d’investissement de la SNCF dédié à la mobilité, l’industrie 5.0 et les nouvelles technologies. Il conserve son rôle de directeur numérique, désormais élargi à l’IA, et prend aussi la tête de e.SNCF Solutions, la fabrique numérique interne du groupe. Son objectif : accélérer l’intégration de l’IA dans toutes les branches de la SNCF.
Henri Pidault, garant de la souveraineté numérique de la SNCF
De son côté, Henri Pidault, entré à la SNCF en 2017 en tant que directeur de la performance numérique, récupère la présidence de 574 Invest, succédant à Julien Nicolas. Il a également une mission stratégique : valoriser les actifs numériques et souverains du groupe (infrastructures, plateformes, données et services numériques), garantissant ainsi son autonomie et sa résilience technologique face aux évolutions du secteur.
Un cap stratégique sous l’impulsion de Marlène Dolveck
Tous deux sont directement rattachés à Marlène Dolveck, directrice générale adjointe en charge de la transformation du groupe SNCF. Selon elle, cette réorganisation est une étape clé pour accélérer la transition numérique et l’intégration de l’IA, un levier essentiel pour moderniser l’expérience des voyageurs, des conducteurs et des agents en gare.
Avec cette nouvelle organisation, la SNCF affirme sa volonté de renforcer son expertise technologique, tout en garantissant la sécurité et l’efficacité de son réseau grâce à l’IA et aux outils numériques.

⑨
Sony Music alerte sur l’explosion des deepfakes musicaux générés par l’IA
Les faux morceaux d’IA se multiplient, menaçant les artistes et l’industrie musicale.
Sony Music a dû retirer 75 000 deepfakes imitant des stars comme Harry Styles, Beyoncé et Queen. Ces contrefaçons, quasi indétectables, risquent d’inonder les plateformes de streaming et de fragiliser les droits d’auteur.
Un milliard d’euros d’investissement menacé
Sony Music UK a investi plus d’un milliard de livres sterling depuis 2013 pour soutenir ses artistes, mais craint que les IA ne rendent obsolètes les contrats et protections juridiques. L’industrie musicale s’oppose aussi à une proposition britannique facilitant l’entraînement de l’IA sur des contenus libres de droits.
Sony Music milite pour un cadre juridique strict
La major insiste sur l’importance d’un droit d’auteur inviolable et réclame des licences IA encadrant ces technologies. Sony Music est prêt à négocier avec les développeurs d’IA, mais refuse que l’innovation se fasse au détriment des artistes.

Bravo !
Si vous êtes arrivé au bout, vous savez tout ce qu’il y’a à savoir sur l’IA cette semaine…jusqu’à la prochaine !
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